Antivirus : face à Avast et Microsoft, Kaspersky riposte avec une version gratuite

Antivirus : face à Avast et Microsoft, Kaspersky riposte avec une version gratuite

Face à la montée en puissance de Avast et la maîtrise de Microsoft sur la sécurité de Windows 10, l’éditeur russe Kaspersky lance une version gratuite de son célèbre antivirus.

L’éditeur russe Kaspersky vient de lancer une version complète et gratuite de son célèbre antivirus. C’est par le biais d’un post sur son blog officiel que le fondateur de l’entreprise, Eugene Kaspersky, a annoncé Kaspersky Free, un logiciel de protection certes minimal – scan antivirus, protection de la navigation, etc. – mais complet avec des options supplémentaires payantes telles que le contrôle parental, la protection des paiements en ligne ou le VPN.

Déjà disponible aux USA, Canada et dans certains pays asiatiques, cette version devrait arriver en Europe d’ici la fin de l’été/début de l’automne. Un changement de stratégie commerciale et technique pour le célèbre éditeur russe, qui entend ainsi lutter contre deux adversaires de taille : Avast et Microsoft.

Deux ennemis à abattre

La protection des PC sous Windows a bien évolué ces dernières années : depuis Windows 7 et encore plus sous Windows 10, Microsoft a sérieusement renforcé la protection de son système d’exploitation par le biais de Microsoft Security Essentials, sa suite de sécurité interne.

Du côté de la concurrence, Avast est en pleine explosion. Non seulement il a littéralement phagocyté des parts de marchés ces dernières années, mais il ne cesse de renforcer sa suite logicielle. Il a ainsi avalé la semaine dernière Piriform, l’éditeur d’outils d’entretien des PC tels que CCleaner, Recuva ou Defraggler.

Face à cette situation, Kaspersky abandonne l’approche de la version d’évaluation – un logiciel complet mais uniquement actif pendant 30 jours – pour embrasser la stratégie freemium d’Avast, c’est-à-dire un logiciel castré mais indéfiniment gratuit… tant qu’on ne décide pas d’ajouter des fonctionnalités.

La force du payant qui devient gratuit

Avast a le vent en poupe et s’impose depuis un moment comme l’antivirus numéro 1 en termes de parts de marché. Mais il doit lutter, notamment dans l’entreprise contre la (fausse) mauvaise image de logiciel gratuit.

De son côté, Kaspersky espère récupérer des parts de marché grâce à son image de « payant qui devient (en partie) gratuit », une approche qui confère plus de valeur à un produit qui est, au final, le même que son concurrent.

En proposant un « Kaspersky gratuit », l’éditeur russe qui est aussi très actif dans les entreprises (contrairement à Avast) entend se positionner en offre plus « sérieuse » sur le marché de l’antivirus freemium et ce, en dépit des allégations américaines – affirmations qu’Eugène Kaspersky ne cesse de démentir.

Placer des pions et récolter des données

Le changement du marché de l’antivirus est concomitant à celui des attaques et de leurs modes opératoires. Les éditeurs ont donc recours, en plus des analyses de signatures des fichiers (par le biais de mise à jour de bases de données), à des analyses du comportement même du système, une approche dite « heuristique ».

Or, cette approche « comportementale » nécessite des données pour être peaufinée. Kaspersky a besoins d’échantillons de fichiers, de données utilisateurs, de métrique, etc. des éléments difficiles à réunir quand le parc d’utilisateur se réduit en parallèle – c’est là qu’Avast et Microsoft portent tort également à la suite de sécurité.

Proposer un logiciel freemium est donc autant un autre moyen de transformer des ventes, par le biais d’un achat de services additionnels, que de profiter d’une source supplémentaire de données nécessaires à son évolution constante.

Kaspersky aura mis le temps, mais aura fini par s’adapter. Il reste à voir si cela sera suffisant pour endiguer l’irrésistible ascension d’Avast… et le blindage sans cesse amélioré de Windows

Sources : CCM

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